Il figure sur le logo de cette page et est devenu le signe de reconnaissance de la tribu du Jardin sauvage. Gaël l’a tressé de guingois pour parfaire son look excentrique, Antoine l’a piqueté de bouquets de plumes et l’a rendu populaire sur «insta», Christian le porte en haut de forme à chaque grande occasion, et moi je l’enfile dès que je sors de la maison et le cherche dix fois par jour au même titre que mes clés ou ma deuxième chaussette. C’est dire si on aime nos chapeaux de paille ! Normal, ils sont originaux et « tressés maison » en feuilles de massette (Thypha latifolia), une plante aquatique aussi appelée roseau des étangs, ce qui explique sa confusion avec le vrai roseau (Phragmites australis). Comme lui, la massette pousse haut et fort au bord des lacs et des étangs, mais son inflorescence en bâton cylindrique n’a rien à voir avec le doux plumeau du roseau.
Gaël est sans conteste notre maître chapelier. C’est en suivant les instructions du Lien créatif n°11, dans un dossier consacré à la massette, qu’il a réalisé son premier couvre-chef. C’était en 2015 et depuis, il vous tresse un chapeau avec une dextérité époustouflante et arrive déjà aux finitions quand, penchée sur mon ouvrage, j’en suis à me demander pour la énième fois si j’ai bien croisé les brins dans le bon sens. N’empêche, je me réjouis de m’y remettre cet hiver, car au bout de 3 ans de loyaux services, mon dernier chapeau est usé jusqu’à la moelle et ne résistera pas à une nouvelle saison au jardin.
Dans la perspective de ce nouvel atelier créatif, nous sommes partis en expédition « massette » la semaine dernière. En bref, il s’agit d’aller patauger au bord d’un étang bien pourvu, et de couper le plus bas possible les feuilles engainantes de la plante, en prenant soin de choisir des pieds dépourvus d’inflorescence et de pas plier leurs feuilles au passage. Volontaire pour le remplissage de bottes, Gaël m’a reléguée sur la berge où j’ai couché avec précaution les gros paquets de tiges poisseuses et dégoulinantes qu’il me tendait. Nous les avons ensuite dépiautées au jardin, en séparant chaque feuille l’une de l’autre, puis les avons étalées sur la pelouse où elles sèchent encore aujourd’hui. Une fois sèches, elles seront liées en bottes et patienteront à l’abri jusqu’aux séances de vannerie hivernale.
Je ne vais pas vous détailler ici en long et large comment faire un chapeau, mais si l’expérience vous tente, j’ai le plaisir de vous annoncer que, pour répondre aux nombreuses demandes, nous organisons exceptionnellement un atelier « chapeaux » au cabanon le 12 décembre. Vu l’ampleur des préparatifs et l’espace nécessaire à leur confection, il n’y aura que quatre places disponibles. En guise de consolation, les candidats malheureux pourront se rabattre sur l’atelier d’initiation à la vannerie sauvage mis au programme dans la foulée. Quoiqu’il arrive, on se réjouit d’ores et déjà de tresser des liens avec vous!
Pour s’inscrire, suivez le lien suivant: formations au Jardin sauvage